Le Règlement européen général sur la protection des données (RGPD) et la loi française imposent aux opérateurs économiques des obligations visant à garantir la transparence et la protection des données des utilisateurs.
Les données personnelles se définissent comme toute information relative à une personne physique identifiée ou identifiable, telles que le nom, le prénom, l’adresse ou encore le numéro de téléphone.
Le RGPD distingue deux hypothèses.
D’une part, les cas dans lesquels la personne est directement identifiée, par exemple lorsqu’elle remplit un formulaire ou est suivie via son adresse IP ou sa géolocalisation ;
D’autre part, les situations dans lesquelles elle est identifiable indirectement, notamment à partir des données collectées auprès des partenaires ou par recoupement d’informations.
Dans ces derniers cas, le site internet doit fournir impérativement un certain nombre d’information.
1. La désignation d’un responsable du traitement des données personnelles
Dans le cadre de la création d’un compte personnel ou de la navigation sur un site internet, des données à caractère personnel peuvent être collectées.
Il convient dès lors d’identifier le responsable du traitement, c’est-à-dire la personne physique ou morale qui détermine les finalités et les moyens du traitement de données personnelles.
Ce responsable doit veiller au respect de l’ensemble des dispositions légales et règlementaires applicables en matière de données. Ainsi, il doit définir clairement les finalités poursuivies par les traitements, informer les personnes concernées de manière complète et transparente, recueillir leur consentement lorsque celui-ci est requis, et tenir un registre des activités de traitement conforme à la réalité des opérations effectuées.
2. Mise en place d’une politique de confidentialité
La politique de confidentialité est obligatoire dès lors que des données personnelles sont collectées. Elle doit informer les utilisateurs de manière claire et accessible sur les modalités de traitement de leurs données.
Cette politique doit être facilement accessible depuis toutes les pages du site et refléter fidèlement les pratiques réelles de traitement des données.
3. Licéité du traitement
Tout traitement de données personnelles doit reposer sur une base juridique clairement identifiée. L’article 6 du RGPD prévoit six fondements possibles :
- le consentement ;
- l’exécution d’un contrat ;
- le respect d’une obligation légale ;
- la mission d’intérêt public ;
- l’intérêt légitime ; ou
- la sauvegarde des intérêts vitaux de la personne concernée.
Chaque finalité de traitement doit être rattachée à une seule base légale, sans possibilité de cumul. Le consentement constitue généralement la base de données la plus fréquemment utilisée.
En pratique, la plupart des sites commerciaux utilisent des formulaires. Les formulaires de collecte de données doivent être strictement encadrés. Chaque formulaire doit préciser la finalité du traitement et, lorsque cela est requis, prévoir un mécanisme de recueil du consentement. Le principe de minimisation impose de ne collecter que les données strictement nécessaires, en distinguant clairement les champs obligatoires des champs facultatifs.
4. Informations essentielles à fournir en raison de l’obligation d’information et de transparence
Le principe de transparence impose de fournir aux internautes, dès la collecte de leurs données, un ensemble d’informations essentielles dans la partie politique de confidentialité.
Il s’agit notamment :
- de l’identité et des coordonnées du responsable du traitement ou du point de contact compétent ;
- de la base juridique du traitement ;
- des finalités poursuivies ;
- du caractère obligatoire ou facultatif des données demandées et des conséquences en cas de refus ;
- des destinataires des données ;
- de la durée de conservation ;
- des droits des utilisateurs et de la possibilité d’introduire une réclamation auprès de l’autorité compétente (en France, la CNIL) ;
- de l’existence éventuelle de transferts de données hors Union européenne (notamment en cas de recours à des prestataires étrangers ou à des outils tiers tels que des solutions de mesure d’audience).
Ces informations peuvent être présentées au sein des mentions légales ou dans une page dédiée, telle qu’une « Politique de confidentialité » ou une « Charte de protection de la vie privée ».
5. Les destinataires des données personnelles
Les destinataires des données personnelles sont les personnes ou entités habilitées à y accéder.
Dans le cadre d’un site internet professionnel, il s’agit généralement de la société éditrice et de l’hébergeur.
Des prestataires étrangers ou des outils tiers, notamment de mesure d’audience, peuvent entrainer un transfert de données hors Union européenne. L’information des personnes concernées est obligatoire sur ce point. De plus, le responsable de traitement doit s’assurer d’un niveau de protection des données suffisant et approprié.
Par ailleurs, les données personnelles peuvent être traitées par des entités affiliées, telles que des filiales, dans le respect des règles en vigueur.
6. Quels sont les droits des utilisateurs ?
Conformément au RGPD, les personnes concernées par le traitement des données (ici les utilisateurs) disposent de plusieurs droits sur leurs données personnelles : droit d’information, d’accès, d’opposition, de rectification, droit à la limitation du traitement, à la portabilité des données, droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée uniquement sur un traitement automatisé et droit à l’effacement des données collectées.
Les mentions du site internet doivent préciser les modalités d’exercice de ces droits, généralement dans une rubrique « Politique de confidentialité », en indiquant notamment une adresse de contact.
Lorsqu’un délégué à la protection des données (DPO) est désigné, ses coordonnées doivent être communiquées aux utilisateurs.
7. Durée de conservation et demandes de suppression
Les données à caractère personnel sont conservées pendant une durée n’excédant pas celle nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées, conformément aux exigences légales et réglementaires en vigueur.
Il convient de déterminer, dès la conception du traitement, une durée de conservation adaptée et proportionnée aux objectifs poursuivis.
Sauf dans des domaines spécifiques, il n’existe pas de durée minimale ou maximale de conservation prévue légalement pour chaque type de donnée. La CNIL a en revanche édité des référentiels, non contraignants mais permettant d’aider les professionnels dans la gestion de la conservation et de l’archivage des données collectées.
Afin de déterminer la durée de conservation appropriée à chaque donnée et à chaque finalité de traitement, il convient de se poser, notamment, les questions suivantes :
- Pendant combien de temps la société a-t-elle besoin des données pour atteindre l’objectif fixé ?
- Existe-t-il une obligation légale de conserver les données pendant un certain temps ?
- Les données risquent-elles d’être utilisées dans le cadre d’un éventuel contentieux ?
Un acteur du e-commerce est susceptible de collecter, et donc conserver, a minima les données suivantes : données relatives aux commandes, coordonnées bancaires, comptes clients et prospection, données techniques tels que les cookies.
A titre informatif, les données relatifs aux comptes clients et de prospections peuvent être conservées pendant une durée de trois ans à compter du dernier contact avec l’entité ou jusqu’au retrait du consentement, selon les préconisations de la CNIL.
8. Comment assurer la sécurité des données et gérer les incidents ?
Le responsable du traitement doit mettre en œuvre des mesures techniques et organisationnelles adaptées afin de garantir la confidentialité et l’intégrité des données, telles que l’utilisation de pare-feu, de procédés de pseudonymisation, de chiffrement ou de systèmes d’authentification sécurisés.
Toutefois, il convient de rappeler qu’aucune méthode de transmission sur Internet ni aucun système de stockage électronique ne peut garantir une sécurité absolue.
Ainsi, les responsables de traitement sont tenus de recenser l’ensemble des traitements de données effectués dans le cadre de ses activités, de les consigner dans un registre des traitements et de veiller au respect effectif des droits des personnes concernées.
Le responsable de traitement doit mettre en œuvre les mesures techniques et organisationnelles appropriées pour assurer un niveau de sécurité adapté au risque et, le cas échéant, notifier sans délai toute violation de données à l’autorité compétente (en France, la CNIL) et aux personnes concernées.
La sécurisation des données personnelles repose sur la mise en œuvre de mesures techniques et organisationnelles adaptées. Cela inclut notamment : l’utilisation du protocole HTTPS pour chiffrer les échanges, la mise à jour régulière des systèmes et des outils, l’instauration de mots de passe robustes, ainsi que l’activation de dispositifs d’authentification renforcée. Il est également recommandé de limiter l’accès aux données aux seules personnes habilitées, de réaliser des sauvegardes régulières et de sensibiliser les utilisateurs internes aux risques de sécurité.